Concevoir son jardin nourricier : bien déterminer les besoins en eau

Concevoir son jardin c’est bien, le faire en ayant en tête le facteur « eau », c’est encore mieux. Voici quelques astuces pour vous aider à penser votre jardin comme un écosystème et prendre en compte les paramètres de votre lieu.

Penser son jardin nourricier en fonction de l’eau

Comment déterminer les besoins en eau du jardin nourricier ?

L’objectif de ce petit pas à pas est de se poser les bonnes questions avant de faire des semis ou de planter un arbre. Posez-vous quelques instants avec un papier et un crayon pour noter les conditions de votre terrain et les caractéristiques de vos futures plantes.

Résistance à la sécheresse

Il ne faut pas confondre le besoin d’eau « idéal » qui permet de fructifier abondamment et d’avoir une croissance rapide, et la résistance à la sécheresse qui indique qu’une plante peut s’adapter ou pas. Antoine Talin classe les plantes selon 6 différentes catégories de « ne résiste pas du tout au sec » à « adaptée pour la sécheresse ». 

L'eau disponible sur son terrain

Il est bon de savoir s’il y a de l’eau disponible sur votre terrain. La ressource en eau dépend principalement :

  • du climat (et donc de la pluie) 
  • de l’hydrologie : présence de source, de résurgence, d’écoulements…
  • et surtout de la capacité du sol à garder l’eau.

La pluviométrie du lieu

Il est essentiel de connaître les périodes de sécheresse potentielles sur votre territoire. Pour cela, faites quelques petites recherches et comparez les pluviométries mensuelles sur 3 à 5 ans. Par ex : zones sèches de 550 à 700 mm/an et zones humides de 900 à 2000 mm/an. 

Le microclimat

Cependant, l’indication pluviométrique peut ne pas être suffisante. Il peut arriver que le climat dans une même vallée soit sensiblement différent. Essayez de noter les facteurs qui peuvent influencer la pousse de vos plantes : le relief, la végétation, le vent, etc. 

L'hydrologie

Y a-t-il une source en profondeur, un écoulement souterrain, des ruissellements, une nappe de surface ? Comment observer l’eau du sous-sol ? 

  • observer la végétation 
  • creuser un trou de 80 cm pour observer le comportement du sol au fil des saisons 
  • faire appel à un sourcier 
  • utiliser des cartes hydrogéologiques  pour comprendre la logique générale du terrain : rdv sur Géoportail

La rétention du sol

Le sol est une réserve d’eau. Sa structure minérale influe sur sa capacité à retenir l’eau. On distingue les sols légers (qui retiennent peu l’eau et sont majoritairement composés de sables), les sols équilibrés (qui retiennent l’eau sans être saturés, ils ont un bon équilibre entre argile, sable et limons), les sols lourds (qui retiennent très bien l’eau et contiennent principalement de l’argile).

Observer la réaction des plantes

Il s’agit de prendre le temps d’observer vos plantes et notamment leurs feuilles. Si le feuillage retombe et se flétrit comme en fin de journée et si les feuilles jaunissent  et tombent, votre plante est en manque d’eau ! Il est temps de l’arroser. 

Attention aux excès d'eau

Mais attention, ne l’inondez pas. 

En fonction de votre sol et du type de plantes, il vaut mieux arroser plus régulièrement ou espacer les arrosages (pour les sols lourds notamment). 

Pour limiter les besoins en eau on peut penser en amont à protéger les plantes du vent, ce qui peut permettre d’économiser jusqu’à 50 % d’eau.

Designer avec le sol

Le mieux est de choisir les plantes adaptées à votre ressource en eau. 

On peut :

  • privilégier les plantes ressources
  • installer les plantes ressources les plus gourmandes en eau dans les secteurs les plus frais 
  • associer les plantes ressources à des plantes peu gourmandes en eau 
  • rassembler dans un même secteur les plantes qui ont les mêmes besoins.

Le dessin ci-contre a été réalisé par Antoine Talin. 

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Pour être au top

Antoine Talin est architecte paysagiste de formation, jardinier-pépiniériste, et diplômé en permaculture appliquée. Il a fondé en 2010 l’Atelier des Alvéoles dans la Drôme. Spécialisé dans le design de paysage, Antoine est passionné par la création de systèmes vertueux et régénération, associant transition socio-économique et aménagements agroécologiques. Il anime de nombreuses formations en France et à l’étranger. 

Son livre Forêt comestible & haie fruitière permet de suivre toutes les étapes pour créer un jardin nourricier multi-étagé et surtout de se poser toutes les questions incontournables.